Origines


Le territoire portugais correspond à une bonne partie de la province romaine de Lusitanie dans les territoires situés entre Douro et Minho, et certains territoires de la région de Bétique.

Ses habitants étaient les Ibères (peuple peut-être originaire du Sahara, qui occupa dès le néolithique la plus grande partie de la péninsule Ibérique) et les Celtes (groupe de peuples parlant une langue indo-européenne, dont l’habitat primitif est sans doute le sud-ouest de l’Allemagne.

Ils envahirent au cours du Ier millénaire la Gaule et l’Espagne, les îles Britanniques, l’Italie, les royaumes hellénistiques et l’Asie mineure). Des ces derniers ont surgi les Celtibères qui au long des côtes maritimes ont souffert de l’implantation de certaines colonies des Grecs et des Phéniciens, et plus tarde les Celtibères et les reste de la Péninsule Ibérique furent contraints de défendre leurs territoires des invasions Carthaginoises et des Romains qui n’ont réussi à imposer leurs lois qu’au prix de nombreux combats, massacres et principalement après la mort de Viriathe (chef des Lusitaniens révoltés contre la domination romaine.

Il tint les troupes romaines en échec pendant huit ans. Rome n’en triompha qu’en le faisant assassiner), en l’année 140 avant Jésus Christ. En 139 les Lusitaniens se sont soumis à la domination Romaine, qui allait durer plus de cinq siècles.
La décadence Romaine coïncide avec l’arrivée des Barbares qui à cette époque commençaient à envahir les terres Occidentales. Dans la période de 409 à 1139, date de la fondation du Royaume du Portugal, toute la Péninsule Ibérique a souffert deux grandes invasions de la part des peuples d’origine Germanique et des Arabes ou Maures. Ces invasions ont modifié la structure politique et sociale de presque toute la Péninsule Ibérique.

En même que temps que la Galice était occupée par les Suèves (ensemble de populations germaniques habitant au-delà de l’Elbe, qui lors des grandes invasions atteignirent l’Espagne, où ils fondèrent un Royaume en Galice) de 409 à 585 (vaincus par les Wisigoths), la Lusitanie devenait la terre des Alains (Barbares qui envahirent la Gaule en 406) aussi en 409, lesquels furent vaincus par les Wisigoths huit ans plus tard. Autour de 467 les Wisigoths ont expulsé les Suèves du nord de la Péninsule et en 476 ils conquirent une bonne partie de l’Espagne. Ils sont alors devenus les seuls seigneurs des territoires de la Péninsule.
Les musulmans débarquèrent en Espagne en 711. Deux ans plus tard, pratiquement toute la péninsule était sous la domination de l’Islam. La Lusitanie et la Galice tombèrent en 713. La « Reconquête » chrétienne ne commença qu’au milieu du VIIIe siècle. Elle partit d’une étroite bande du territoire des Asturies en direction d’une vaste région limitée au sud par le cours du Douro. Une révolte des Berbères avait probablement laissé sans défense un bon nombre de châteaux et de villes, ce qui explique, en grande partie, les victoires du roi Alphonse Ier qui lui donnèrent toute la Galice, puis la Lusitanie jusqu’à Viseu. Après diverses campagnes dévastatrices menées par les musulmans pendant plus d’un siècle, les conditions commencèrent à s’améliorer au milieu du IXe siècle et furent suffisamment favorables pour que l’on tentât une réorganisation et un repeuplement généralisés. Dans les régions situées au sud du Douro, les troupes chrétiennes s’efforçaient de conquérir des villes puissantes telles que Coimbra en 878, Viseu, Lamego et Idanha. On commença à les réorganiser peu après.

Mais les chrétiens s’étaient montré trop tôt optimistes. Les musulmans revinrent et, avec eux de nouvelles destructions et de nouveaux désordres. Lisbonne même fut envahie par le roi Ordonho III en 955. Il fallut aux chrétiens plus de soixante-dix ans pour retourner sur le Mondego. Lamego ne fut définitivement reconquis qu’en 1057, puis Viseu (1058) et Coimbra (1063-64). En 1147, après avoir remporté la victoire de Ourique contre les musulmans en 1139, Alphonse Ier s’empare de Lisbonne. En 1249 Alphonse III s’empare du dernier bastion musulman, en conquérant de l’enclave isolée que les musulmans dominaient encore à l’ouest de l’Algarve et qui comprenait Silves et Faro.

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Reconquête et royaume portugais :

Sous le règne d’Alphonse premier (successeur de Pélage le Conquérant), les seigneurs d’Asturie s’emparent des territoires jusqu’au Douro. Le royaume de León compte au début quatre divisions : les Asturies, le León, la Galice et la Castille. Chacune est dirigée par un comte.

Au fur et à mesure des conquêtes, les terres sont divisées en comtés ou en duchés. En 868, Porto et Braga sont reprises. À partir du IXe siècle, le sud de la Galice forme un comté dynamique autour de sa métropole religieuse, Braga, et de son port Porto. Il porte le nom de Portucale ou Terra portucalensis (pays de Portucale), rappelant le nom latin de Porto (Portus Cale ou Portucale).

La noblesse qui s’y installe fonde le Condado Portucalense, dirigé par Diogo Fernandes puis ses enfants jusqu’en 1071. De nombreuses incursions au sud du Douro donnent lieu à de nouvelles occupations par de nouveaux seigneurs qui eux-mêmes se rebellent bientôt contre le comte et cherchent à s’émanciper de l’autorité royale.

En 1095, Urbain II lance la première croisade pour libérer les lieux saints et surtout réagir à la menace que représentent les Turcs récemment convertis à l’Islam. Déjà, les réformes grégoriennes appellent à s’unir pour lutter contre toutes les croyances païennes et hérétiques.

C’est dans ce cadre que, en 1095, Alphonse VI de Castille et de León, annexant la Galice et le comté de Portugal, réunifie le royaume. Alphonse VI, marié à Constance de Bourgogne, fait appel à sa belle famille bourguignonne pour l’aider à reconquérir la péninsule. Raymond et Henri de Bourgogne, de la famille royale de France, font partie d’une noblesse en quête de terre et de prestige et répondent favorablement à l’appel.

Alphonse VI, roi de Castille et de Léon, pour remercier et pour consolider ses liens avec les autres monarchies, donne à Raymond sa fille Urraque et en fait donc le futur roi de León et de Galice.

À Henri, il donne la main de sa fille bâtarde, Thérèse de León et le comté de Portugal. Dès lors, celui-ci installe sa cour près de Braga, à Guimarães, considéré depuis comme « berceau » du Portugal. Il continue à prêter serment à Alphonse VI tout en bénéficiant d’une certaine autonomie, et poursuit la reconquête jusqu’au fleuve Mondego.

Des circonstances particulières permettent à Henri de prendre son indépendance : la mort du roi Alphonse VI et de son héritier. Urraque première de Castille monte alors sur le trône. Henri refuse de lui prêter l’hommage et affirme son indépendance. À sa mort, sa veuve Thérèse de León, hérite du comté et poursuit cette politique d’indépendance. Son rapprochement avec la noblesse de Galice qu’elle réclame en héritage provoque le mécontentement de la noblesse portugaise.

C’est alors son fils Afonso Henriques, né à Guimarães, soutenu par la noblesse portugaise opposée à cette alliance, qui se révolte contre sa mère et la bat dans la bataille de São Mamede en 1128. Puis contre le nouveau roi Alphonse VII qui finit par en faire son vassal en échange de sa loyauté, signant le traité de Tui en 1137.

En 1139, Afonso Henriques remporte sur les musulmans une bataille historique à Ourique et est proclamé roi par ses troupes sur le champ de bataille. La légende veut que le Christ lui soit apparu pendant la bataille. Cette situation est officialisée par le traité de Zamora en 1143, par lequel Alphonse VII reconnaît le royaume du Portugal et son roi Alphonse Ier. Grâce à son habilité politique et guerrière il gagne ainsi son indépendance.