Luis de Camoes


Aujourd’hui  nous allons vous parler de poésie et littérature en évoquant notamment la vie de Luis de Camoes.

Luís Vaz de Camões, dit « le Camoëns », né vers 1525 et mort en 1580 à Lisbonne, est un poète portugais.
Il est l’auteur de poèmes dans la tradition médiévale (redondilhas) ou pastorale, de sonnets inspirés de la Renaissance italienne, et de l’épopée nationale de Lusiades

Grand poète,… cet auteur fait l’objet d’un véritable culte de la part du peuple portugais en général, et des gens de Lettres en particulier, un peu comme Shakespeare en Grande-Bretagne. Son nom est toujours cité avec révérence et gravité. L’épopée des Lusiades est associée au renforcement du sentiment national portugais et a contribué à son essor.
Il est considéré comme le plus grand poète du Portugal et un des plus grands de l’humanité. Son génie est comparable à celui de Virgile, de Dante ou de Shakespeare. Parmi ses œuvres, l’épopée des Lusiades est la plus représentative.
Sa date et son lieu de naissance sont incertains, mais on estime qu’il est né aux environs de 1525 à Constançia, près de Santarem, d’une famille d’origine galicienne d’abord fixée à Chaves, et ensuite à Coïmbre, puis Lisbonne. …Son père était Simão Vaz de Camões et sa mère Ana de Sá Macedo. Par son père il serait descendant du troubadour galicien Vasco Pires de Camões, par sa mère, apparenté au navigateur Vasco de Gama.

Entre 1542 et 1545, il vit à Lisbonne, délaissant les études pour fréquenter la cour de dom João III, où il se fit une renommée de poète. Il vécut quelque temps à Coimbra où il doit avoir suivi les humanités, peut-être au monastère de Santa Cruz, où il avait un oncle prêtre, Dom Bénto de Camões. … Cependant il n’a été retrouvé aucune trace d’un passage du poète à Coimbra, mais la culture raffinée qui ressort de ses écrits fait de la seule université du Portugal en ce temps là l’endroit où il est le plus probable qu’il ait étudié.
Lié à la maison du comte de Linhares, dom Francisco de Noronha, et peut-être précepteur de son fils dom António, il le suivit à Ceuta en 1549 où il resta jusqu’en 1551. Cela arrivait souvent dans la carrière militaire des jeunes, comme le rappelle l’élégie Aquela que de amor descomedido. De retour à Lisbonne, il ne tarda pas à renouer avec la vie de bohème. On lui prête plusieurs amours, non seulement avec des dames de la cour mais selon la légende, avec l’Infante en personne, Da. Maria, sœur du Roi D. Manuel I. Il serait tombé en disgrâce, au point d’être exilé à Constáncia. Il n’existe, cependant, pas le moindre fondement documentaire de cette histoire.

Une autre légende lui attribue une vive passion pour une grande dame, la comtesse de Linhares, D. Violante de Andrade, ce qui l’aurait fait exiler à Santarém. Ce qui est certain c’est que le jour du « Corpo de Deus » (Corps de Dieu) de 1552, il blessa au cours d’un combat un certain Gonçalo Borges. Arrêté, il fut libéré par lettre royale de rémission le 7 mars 1553, et s’embarquer pour servir aux Indes dans l’armée de Fernando Álvares Cabral, le 24 du même mois.
Il resta quelque temps à Goa, puis fut exilé en 1556 à Macao, pour avoir censuré le vice-roi dans une satire. Ce serait là, dans une grotte qui porte aujourd’hui son nom, qu’il composa le poème qui l’a immortalisé, les Lusiades (ou Lusiadas), où il chante la gloire des Portugais (en latin lusitani), les exploits et les découvertes de Vasco de Gama. Au bout de cinq ans, rappelé de son exil, assailli par une tempête, il fit naufrage sur les côtes de la Cochinchine en retournant à Goa

Dans ce désastre, sauvant de manière héroïque le manuscrit de son poème déjà bien avancé, sa compagne Dinamene célébrée dans de nombreux poèmes serait morte.
De retour à Goa, avant août 1560, il demanda la protection du Vice-Roi Dom Constantino de Bragance dans un long poème octosyllabique. …. Emprisonné pour dettes, il adressa une supplique en vers à son nouveau Vice-Roi, Dom Francisco Coutinho, pour sa libération.

En 1568 il retourna au Royaume, et fit escale dans l’île de Mozambique, où, deux ans plus tard, le chroniqueur Diogo do Couto, son ami, le rencontra comme il le racontera dans ses Décades (8ème), ajoutant que le poète était « si pauvre qu’il vivait des amis ». Il travaillait alors à la révision de son poème, et dans la composition du « Parnasse de Luis de Camões », avec poésie, philosophie et autres sciences », oeuvre volée et jamais retrouvée Diogo do Couto lui paya le reste du voyage jusqu’à Lisbonne, où Camões arriva en 1570.
C’est en 1572 qu’il publie Les Lusiades.Il dédie son épopée au jeune roi Sébastien Ier qui lui accorde une petite pension qui lui permettra de vivre, modestement, et 8 ans plus tard, à Lisbonne il assiste au départ de l’armée du Portugal, avec en tête son propre roi Sébastien, pour le Maroc.

Il avait proposé d’être le chantre de cette guerre africaine mais Diogo Bernardes lui fut préféré. Cette expédition fut un désastre connu pour la Bataille des trois rois morts, ou d’Alcacèr Quibir (El Ksar el Quibir). Sébastien y trouva la mort ainsi que la fine fleur de la jeunesse portugaise. Après quoi quelques années plus tard le Portugal allait être rattaché à la couronne espagnole, et allait naître le mythe du retour du roi Sébastien, par une nuit de brume pour rendre au Portugal sa grandeur passée.

C’est ainsi que meurt Luis de Camões, cette même année de 1580, peut-être dans une maison de Santana, à Lisbonne, ou bien misérablement dans un Hôpital, c’est selon, et avec lui l’âge d’or du Portugal, que son poème épique avait si bien chanté. Il aurait eu selon Almeida Garrett, ces derniers mots :

« Avec moi meurt le Portugal. »

C’est ainsi que ce termine la vie de Luis de Camoes, nous espérons vous en avoir fait connaitre un peu plus et reviendrons bientôt pour vous parler d’un autre grand poète que fût Fernando Pessoa…

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